une vie de slasher [the blog]

« Mon grand-père a fait le même travail toute sa vie, mon père a eu sept emplois différents tout au long de sa carrière et moi j’ai eu sept emplois en même temps »

Pour ceux qui aiment la littérature entrepreneuriale vous aurez reconnu l’auteur de cette phrase, Seth Godin. Finalement je me rends compte que du haut de mes 50 balais je suis en fait un peu comme Marty mac fly  [ retour vers le futur] , en me baladant dans le futur depuis tellement longtemps que  je ne suis pas surpris par le nouveau monde qui arrive. J’ai toujours été un « boulimique du travail » ou plus exactement  un « schizophrène professionnel ». le plus souvent par choix et rarement  par nécessité, j’ai endossé plusieurs casquettes et des montagnes de costumes [professionnelles] dans le but de m’épanouir pour répondre à la fois à un besoin impératif de sortir de ma condition tout en ne renonçant en rien à mon idéale de liberté qui restait non négociable. Avant l’avènement du digital et des milléniums  indomptables , je suis le roi des  slashers. J’ai ainsi été dans une chronologie suspecte :

à l’accueil d’un magasin d’une entreprise de chauffage, serveur et videur en boite de nuit, V.R.P en aspirateur, agent commercial en imprimés commerciaux, employé au rayon yaourt chez Carrefour, attaché commercial en encyclopédie juridique, responsable de rayon bricolage chez Migro en Suisse, commercial en alarme, puis télésurveillance, attaché commercial en pub radio chez NRJ, vendeur de bijoux, parfums, représentant en espace pub papier, attaché commercial en piscine chez Waterair en Allemagne, développeur de réseaux en compléments alimentaires puis en produits sécurité, puis en produits de bien-être et dispositifs médicaux, créateur d’un groupe de portage salarial,  d’une boisson santé, auteur, conférencier, formateur, investisseur immobilier, et j’en passe ! bref si le slasher est en train de révolutionner notre façon de travailler en refusant le schéma traditionnel avec un même métier toute une vie, tout en revendiquant son côté touche-à-tout, alors j’en suis à quelque part l’ancêtre.

Les générations nées avec le numérique [les X et les Y] slashers par excellence  veulent avant tout  concilier le mieux possible leur vie privée et leur vie professionnelle. La liberté et le sens, sont des priorités et la vie professionnelle doit être en totale adéquation avec ce bien-être personnel. Cumuler plusieurs emplois , projets en basculant entre statuts [ salarié et entrepreneurs] est courant dans des pays anglophones. La tendance se dessine en France avec le phénomène d’ubérisation des métiers.
A l’origine, les autodidactes sauvageons sans diplômes ni éducation comme moi devenaient  slasher  soit  par nécessité, soit par quête de trouver une liberté financière en pivotant à la façon d’une start -up qui cherche son marché en façonnant une expérience client disruptive. Mais aujourd’hui , cumuler deux activités salariales et une activité freelance sont un choix et les slashers se créent une « life style » sur-mesure en refusant les tiroirs et les étiquettes dans lesquels la société et leurs pères voulaient les ranger sans grand espoir d’en changer. «  tu seras « CADRE » mon fils où tu seras « BOUCHER mon enfant «  tel a été le modèle jusqu’au siècle dernier mais c’est un peu fini cette odeur de naphtaline.

La réussite, le  rêve, c’est justement cette multiplicité d’activités et de vies aux yeux de cette génération pour qui le C.D.I n’est qu’un outil parmi d’autres mais plus du tout un Graal.

Cette génération n’a pas envie de se battre pour la vision de la vie des générations précédentes. Les slashers se moquent de l’ancienneté de l’avancement des promotions d’être propriétaire d’une maison et de tondre la pelouse le samedi.
L’estime de soi et le bonheur au travail passe par la liberté de faire ce qu’il leur plaît en zappant par mode projet selon le sentiment qui domine un moment de la vie. Pour moi la philosophie du portage salarial doit se fondre dans cette quête, pour tous, n’importe quand, pour n’importe quelle activité même d’appoint. Si on y rajoute un peu de bienveillance, de partage, d’apprentissage en mixant la puissance du numérique avec les rapports humains,  alors peut être que l’on peut faire émerger une attitude entreprenante pour prendre sa vie en main de manière durable. Et si c’était ça avoir la belle vie

 pascal Blenner